Les
mycomatériaux
Un matériau qu’on ne fabrique pas : on le fait pousser. Comment ça marche, puis trois façons de s’y mettre, du kit prêt à mouler au travail des souches en laboratoire.

Le principeComment ça marche
Un mycomatériau, c’est deux choses mélangées dans un moule. Le champignon se nourrit de la matière et la tient ensemble.




Le mycélium, c’est la partie végétative du champignon : des fils blancs qui tissent un réseau serré entre les particules. Il agit comme une colle naturelle. En quelques jours, la matière en vrac devient un bloc qui garde la forme du moule. On sèche ensuite la pièce : le champignon s’arrête, l’objet devient stable.
Imaginez-vous mycélium, sous terre, dans une forêt. Il vous faut :
- L’obscurité. Sous terre, il fait noir.
- Une température constante. Idéalement 24 °C.
- Une humidité élevée. Le moule s’en charge.
- Un gradient de CO2. Le moule s’en charge aussi.
- La propreté. Alcool sur les mains, les outils, le moule.
- L’humidité. Une poignée serrée tient en boule sans goutter.
- La température. Stable, c’est mieux que chaude.
- Le temps. Les temps de pousse indiqués sont des minimums. Laissez chaque phase plus longtemps pour obtenir de nouvelles couleurs.
- Une tache verte, noire ou orange ? C’est une contamination. On essaie de récupérer la pièce, mais souvent on jette et on recommence.

Pensez circulaireDe la sciure au compost
Les déchets de menuiserie deviennent un objet, qui retourne à la terre en fin de vie. Pas de pétrole, pas de colle chimique : le champignon fait le liant.
Se lancerTrois niveaux
Niveau 1 · DécouverteLe kit prêt à mouler
Pour découvrir, en famille, en classe ou en atelier. Le kit Fungimaker arrive avec tous les ingrédients séparés : on les mélange soi-même au moment de mouler, ce qui permet de le garder plus longtemps avant usage.
Dans le kit






Vous aurez besoin






À la réception
Seul le sachet de mycélium va au frigo, à utiliser sous 30 jours. Le mycélium est blanc et compact : c’est normal, il a commencé son travail.

Préparer
On désinfecte tout à l’alcool, puis on suit la recette de la notice fournie. C’est très simple.

Mouler
N’importe quel moule en plastique propre convient : barquette à glace, Tupperware, blister ou autre. On remplit, on tasse légèrement.
Astuce : les blisters du supermarché (boîtes à gâteaux) font de très bons moules.
Couvrir
De la cellophane percée de quelques trous : le mycélium garde son humidité et respire.

Laisser pousser
5 jours entre 22 et 26 °C, température stable, dans un placard bien fermé. S’il n’y fait pas complètement noir, posez un peu d’aluminium sur le moule.

Démouler
On sort la pièce et on la laisse finir de se couvrir 2 jours à l’air, sous cloche.

Sécher
Four doux, 60 °C pendant 24 h. Ou à l’air libre, en retournant la pièce pour qu’aucune face ne reste humide.

Vernir · en option
Pour finir, une couche de vernis 100 % bio.
Niveau 2 · ExpérimentationLe mycélium sur grain
Pour ceux qui veulent choisir leur matière. On achète une souche vivante cultivée sur des grains de céréales, et on prépare soi-même le substrat. C’est là qu’on commence vraiment à expérimenter.
Dans le kit



La recette du substrat
À vous de trouver l’équilibre entre gros éléments (copeaux, paille) et petits (sciure). La paille joue le rôle de l’armature dans le béton, la sciure celui du sable. On peut supplémenter avec des grains, du marc de café ou de la drêche.
| Ingrédient | Dose | Par rapport à |
|---|---|---|
| Substrat (sciure, copeaux, paille) | 100 % | la référence |
| Mycélium sur grain | 70 % | la masse du substrat |
| Eau | 175 % | la masse du substrat |
| Son de blé | 18 % | la masse du substrat |
Le reishi
Ganoderma lucidum, un champignon de bois.
- Très costaud : idéal pour les pièces solides
- Résiste bien aux contaminants (aspergillus, trichoderma)
- Prend des tons du blanc au noir, en passant par le beige, le jaune, le marron et le rouge, selon le temps de pousse

Pasteuriser
120 minutes dans l’eau chaude (une taie d’oreiller, c’est pratique) ou un bain de chaux, puis on égoutte. Toute méthode de pasteurisation fonctionne.
Uniquement de la lignine (bois de feuillu non traité) ? Pas besoin de stériliser.
Ensemencer
On attend que le substrat soit froid, puis on mélange le mycélium sur grain, l’eau et le son de blé (doses ci-dessus). Plus on met de mycélium, plus il va vite et moins les moisissures ont de chances.

Mouler
Moule propre, on remplit, on tasse légèrement, on couvre d’un film percé de quelques trous.

Laisser pousser
5 jours entre 22 et 26 °C, température stable, dans le noir le plus absolu possible.

Surfacer
On démoule et on laisse la pièce finir de se couvrir 2 jours à l’air, sous cloche : c’est le surfaçage.

Sécher
Four doux, 60 °C pendant 24 h. Ou à l’air libre, en retournant la pièce pour qu’aucune face ne reste humide.
Niveau 3 · LaboratoireTravailler les souches
Pour les écoles de biologie et les labos. À ce niveau, on ne dépend plus d’un fournisseur : on produit, sélectionne et conserve ses propres souches.
- Gélose : boîtes de Petri pour isoler et purifier une souche.
- Clonage : une souche nouvelle à partir d’un champignon sauvage.
- Culture liquide et grain maison : produire son propre inoculum.
- Sélection : comparer vitesse, densité, couleur, résistance.
ChoisirPar où commencer ?
| Niveau | On maîtrise | Durée | Risque d’échec | Pour qui |
|---|---|---|---|---|
| 1Kit | La forme | 1 semaine | Faible | Découverte, enfants, ateliers |
| 2Grain | La forme et la matière | Environ 8 jours | Moyen | Makers, designers |
| 3Souches | Tout, jusqu’au vivant | Des mois | Élevé au début | Écoles de biologie, labos |

