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Les
mycomatériaux

Un matériau qu’on ne fabrique pas : on le fait pousser. Comment ça marche, puis trois façons de s’y mettre, du kit prêt à mouler au travail des souches en laboratoire.

Dômes en mycélium en train de sécher
Dômes en séchage, atelier de Lyon

Le principeComment ça marche

Un mycomatériau, c’est deux choses mélangées dans un moule. Le champignon se nourrit de la matière et la tient ensemble.

Le substratsciure, copeaux, paille, chanvre, drêche
+
La souchele mycélium d’un champignon
+
Le mouleil donne la forme
=
Un objetléger, isolant, compostable

Le mycélium, c’est la partie végétative du champignon : des fils blancs qui tissent un réseau serré entre les particules. Il agit comme une colle naturelle. En quelques jours, la matière en vrac devient un bloc qui garde la forme du moule. On sèche ensuite la pièce : le champignon s’arrête, l’objet devient stable.

Les conditions de croissance du mycélium

Imaginez-vous mycélium, sous terre, dans une forêt. Il vous faut :

  1. L’obscurité. Sous terre, il fait noir.
  2. Une température constante. Idéalement 24 °C.
  3. Une humidité élevée. Le moule s’en charge.
  4. Un gradient de CO2. Le moule s’en charge aussi.
Réussir
  • La propreté. Alcool sur les mains, les outils, le moule.
  • L’humidité. Une poignée serrée tient en boule sans goutter.
  • La température. Stable, c’est mieux que chaude.
  • Le temps. Les temps de pousse indiqués sont des minimums. Laissez chaque phase plus longtemps pour obtenir de nouvelles couleurs.
  • Une tache verte, noire ou orange ? C’est une contamination. On essaie de récupérer la pièce, mais souvent on jette et on recommence.
Cycle du mycomatériau : déchets de menuiserie, inoculation, croissance dans le moule, déshydratation, traitement de surface, utilisation, fin de vie, compostage

Pensez circulaireDe la sciure au compost

Les déchets de menuiserie deviennent un objet, qui retourne à la terre en fin de vie. Pas de pétrole, pas de colle chimique : le champignon fait le liant.

Se lancerTrois niveaux

Niveau 1 · DécouverteLe kit prêt à mouler

Pour découvrir, en famille, en classe ou en atelier. Le kit Fungimaker arrive avec tous les ingrédients séparés : on les mélange soi-même au moment de mouler, ce qui permet de le garder plus longtemps avant usage.

Taux de réussite très élevé
Duréeune semaine, hors séchageConservationle sachet de mycélium au frigo, 30 jours

Dans le kit

Mycéliumsur grains
Sciure de bois
Copeaux de bois
Son de blél’énergie du mycélium
Gants
Vernis 100 % bioen option

Vous aurez besoin

Vaporisateur d’alcool à 70 %en supermarché
Grand saladierou caisse en plastique
Essuie-tout
Cellophane
Un moule en plastiquebarquette à glace, Tupperware, blister
  1. À la réception

    Seul le sachet de mycélium va au frigo, à utiliser sous 30 jours. Le mycélium est blanc et compact : c’est normal, il a commencé son travail.

  2. Préparer

    On désinfecte tout à l’alcool, puis on suit la recette de la notice fournie. C’est très simple.

  3. Mouler

    N’importe quel moule en plastique propre convient : barquette à glace, Tupperware, blister ou autre. On remplit, on tasse légèrement.

    Astuce : les blisters du supermarché (boîtes à gâteaux) font de très bons moules.
  4. Couvrir

    De la cellophane percée de quelques trous : le mycélium garde son humidité et respire.

  5. Laisser pousser

    5 jours entre 22 et 26 °C, température stable, dans un placard bien fermé. S’il n’y fait pas complètement noir, posez un peu d’aluminium sur le moule.

  6. Démouler

    On sort la pièce et on la laisse finir de se couvrir 2 jours à l’air, sous cloche.

  7. Sécher

    Four doux, 60 °C pendant 24 h. Ou à l’air libre, en retournant la pièce pour qu’aucune face ne reste humide.

  8. Vernir · en option

    Pour finir, une couche de vernis 100 % bio.

Niveau 2 · ExpérimentationLe mycélium sur grain

Pour ceux qui veulent choisir leur matière. On achète une souche vivante cultivée sur des grains de céréales, et on prépare soi-même le substrat. C’est là qu’on commence vraiment à expérimenter.

On compose sa recette
Duréeenviron 8 jours, séchage comprisMatérielmycélium sur grain, substrat, grande marmite, moules

Dans le kit

Mycélium sur grainS (1,25 L), L (2,5 L) ou XL (5 L)
Son de bléen option : 190 g (S), 380 g (L) ou 760 g (XL)
Vernis 100 % bioen option

La recette du substrat

À vous de trouver l’équilibre entre gros éléments (copeaux, paille) et petits (sciure). La paille joue le rôle de l’armature dans le béton, la sciure celui du sable. On peut supplémenter avec des grains, du marc de café ou de la drêche.

IngrédientDosePar rapport à
Substrat (sciure, copeaux, paille)100 %la référence
Mycélium sur grain70 %la masse du substrat
Eau175 %la masse du substrat
Son de blé18 %la masse du substrat
Notre souche

Le reishi

Ganoderma lucidum, un champignon de bois.

  • Très costaud : idéal pour les pièces solides
  • Résiste bien aux contaminants (aspergillus, trichoderma)
  • Prend des tons du blanc au noir, en passant par le beige, le jaune, le marron et le rouge, selon le temps de pousse
  1. Pasteuriser

    120 minutes dans l’eau chaude (une taie d’oreiller, c’est pratique) ou un bain de chaux, puis on égoutte. Toute méthode de pasteurisation fonctionne.

    Uniquement de la lignine (bois de feuillu non traité) ? Pas besoin de stériliser.
  2. Ensemencer

    On attend que le substrat soit froid, puis on mélange le mycélium sur grain, l’eau et le son de blé (doses ci-dessus). Plus on met de mycélium, plus il va vite et moins les moisissures ont de chances.

  3. Mouler

    Moule propre, on remplit, on tasse légèrement, on couvre d’un film percé de quelques trous.

  4. Laisser pousser

    5 jours entre 22 et 26 °C, température stable, dans le noir le plus absolu possible.

  5. Surfacer

    On démoule et on laisse la pièce finir de se couvrir 2 jours à l’air, sous cloche : c’est le surfaçage.

  6. Sécher

    Four doux, 60 °C pendant 24 h. Ou à l’air libre, en retournant la pièce pour qu’aucune face ne reste humide.

Niveau 3 · LaboratoireTravailler les souches

Pour les écoles de biologie et les labos. À ce niveau, on ne dépend plus d’un fournisseur : on produit, sélectionne et conserve ses propres souches.

  • Gélose : boîtes de Petri pour isoler et purifier une souche.
  • Clonage : une souche nouvelle à partir d’un champignon sauvage.
  • Culture liquide et grain maison : produire son propre inoculum.
  • Sélection : comparer vitesse, densité, couleur, résistance.
Il faut un autoclave ou un autocuiseur, et un espace stérile.

ChoisirPar où commencer ?

NiveauOn maîtriseDuréeRisque d’échecPour qui
1KitLa forme1 semaineFaibleDécouverte, enfants, ateliers
2GrainLa forme et la matièreEnviron 8 joursMoyenMakers, designers
3SouchesTout, jusqu’au vivantDes moisÉlevé au débutÉcoles de biologie, labos
David Perret, Fungimaker

Parlons matière.

Une pièce sur mesure, un workshop, une collaboration : tout commence par un message.

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